WEC : Porsche remporte une édition des 24 heures du Mans qui a viré à l'hécatombe

WEC : Porsche remporte une édition des 24 heures du Mans qui a viré à l'hécatombe

C’est sous un soleil de plomb qu’est donné le départ des 24 heures du Mans 2017. La classique mancelle va opposer deux constructeurs, Toyota et Porsche, et le manufacturier japonais va tenter de briser la domination de la firme de Stuttgart qui a remporté les deux dernières éditions, mais surtout de conjurer le sort après avoir abandonné dans le dernier tour l’an dernier alors que la victoire lui était promise.

Le départ est pris dans le calme, même si Nicolas Lapierre se fait surprendre par la seule LMP1 non hybride, la ByKolles, qui prend la cinquième place. Quatre virages plus loin, cette dernière se rate et crève un pneu en passant sur un vibreur. Un élément aérodynamique est arraché et va percuter la Toyota numéro 9, lui brisant un phare et une pièce aérodynamique.

Rentrée aux stands après un tour quasiment complet au ralenti, la ByKolles n’en repartira pas immédiatement, ayant vraisemblablement endommagé plusieurs pièces. La première heure se déroulera par la suite très calmement, la Toyota numéro 7 menant d’une poignée de secondes devant la Porsche numéro 1 de Neel Jani et la Toyota numéro 8. En LMP2, le seul incident notable est la sortie de piste de Menezes qui repartira après quelques minutes planté dans le gravier.

La deuxième heure voit la première vague de ravitaillements dans la catégorie reine de la course et à la sortie des stands, les Toyota 7 et 8 se retrouvent en lutte serrée avant que Sébastien Buemi ne prenne finalement l’avantage sur Mike Conway. La lutte se fera ensuite à distance puisque les retardataires permettront au Suisse de prendre quelques longueurs d’avance.

La deuxième heure est marquée par le premier vrai accident de l’épreuve, impliquant la voiture qui avait signé la pole position en LMP2, la Oreca du G-Drive Racing. Alors pilotée par Roman Rusinov, elle s’est accrochée avec une Porsche de GTE, la 88 de Proton Compétition. Les deux voitures seront contraintes à l’abandon suite à cet accident.

Il faut attendre la quatrième heure pour voir un premier coup de théâtre avec les soucis mécaniques de la Porsche 919 numéro 2, alors pilotée par Earl Bamber, qui rencontre des problèmes de transmission. Elle repartira nettement plus tard.

La bataille fait rage aux avant-postes entre la Toyota numéro 7 et la Porsche numéro 1 qui se bat désormais à une contre trois face aux voitures japonaises, puisqu’elle devance la numéro 8 et la numéro 9 à longue distance.

La numéro 8 est d’ailleurs la plus rapide à ce moment de la course et se rapproche de la Porsche 919 avant de finalement lui subtiliser la deuxième place. La joie sera de courte durée puisque dans l’heure suivante, peu avant 23 heures, cette même numéro 8, pilotée par Sébastien Buemi, rencontre des problèmes de freins. Rappelée aux stands, elle y dégage une épaisse fumée au niveau de l’avant droit, symptôme de la surchauffe de ses disques et du début d’incendie qui a eu lieu.

Alors qu’elle repart après des réparations, à une piètre 54e place, c’est un nouveau souci qui frappe le manufacturier japonais ! La numéro 7 est au ralenti alors que Kamui Kobayashi menait l’épreuve de manière autoritaire lors des heures précédentes.

La seule Toyota encore en lice pour la victoire est la numéro 9, pilotée à ce moment-là de la course par Nicolas Lapierre. Toutefois, l’espoir de Toyota est tué dans l’oeuf puisque le Français est heurté par un autre concurrent et doit immobiliser sa voiture consécutivement à un début d’incendie.

C’est un désastre chez Toyota qui perd deux voitures en trente minutes et n’a plus que la TS050 numéro 8 en course, mais aux alentours de la 40e place. La Porsche numéro 1 pointe dès lors en tête, seule dans sa catégorie et plus de 10 tours devant les deux voitures de Rebellion, laissant deux LMP2 sur le podium provisoire. La Porsche numéro 2 pointe à huit tours de la deuxième place et continue de remonter, ce qui pourrait permettre au constructeur allemand de viser un doublé.

Avec un contrôle parfait de la course, puisqu’elle est la seule LMP1 à ne pas avoir eu de problème mécanique, la Porsche numéro 1 n’a aucun risque à prendre et doit simplement se contenter de rallier l’arrivée. Derrière, la numéro 2 se lance dans une remontée folle et vient animer les débats entre les LMP2 qui jouent également le podium.

Après plusieurs périodes de ‘slow zones’ et une longue période de voiture de sécurité peu après l’aurore, la course est relancée et la deuxième 919 hybride rentre dans le top 10. Amputée de la présence des trois Toyota aux avant-postes, la course devient plus calme dans la meilleure catégorie, alors que la numéro 8 tente de sauver l’honneur pour le constructeur nippon, sans toutefois espérer mieux qu’un top 10.

En LMP2, à quatre heures de l’arrivée, c’est l’une des G-Force qui mène devant la Rebellion Vaillante rescapée, provisoirement sur le podium. Toutefois, la Porsche 919 a encore gagné une place dans sa belle remontée et rentre désormais dans le top 5. Il lui reste quatre heures pleines pour aller chercher la deuxième place et offrir à Porsche un nouveau succès, en faisant échouer au passage l’armada Toyota.

Un nouveau coup de théâtre intervient à 3h30 de l’arrivée ! La Porsche numéro 1 est au ralenti, victime d’un problème technique ! C’est un nouveau coup dur pour la marque de Stuttgart qui perd sa voiture en tête depuis la nuit. C’est donc une LMP2 qui passe en tête de l’épreuve aux alentours de midi.

La deuxième 919 continue de remonter durant l’heure suivante et se défait notamment de l’Alpine et de la Rebellion Vaillante pour pointer à la deuxième place. A deux heures de l’arrivée, elle est à moins d’un tour de la Oreca du Jackie Chan Racing, numéro 38.

La persévérance de la Porsche numéro 2 finira par payer puisque, à quelques dizaines de minutes de l’arrivée, la LMP1 déborde le prototype du Jackie Chan Racing et s’envole vers la victoire.Elle remporte donc une édition qui aura été marquée par le manque de fiabilité des prototypes de LMP1. Un jeu de massacre remporté in extremis par Porsche qui signe donc une nouvelle victoire dans la classique mancelle et devance deux LMP2, qui ont frôlé l’exploit.

Derrière la Porsche qui remporte donc cette édition des 24 heures du Mans, on retrouve donc le Jackie Chan Racing qui remporte l’épreuve en LMP2 et signe un podium impressionnant au classement général. Le podium des LMP2 est constitué de la Rebellion Vaillante numéro 13, notamment pilotée par Nelson Piquet Jr, et de l’autre voiture engagée par Jackie Chan.

En GTE Pro, c’est l’Aston Martin numéro 97 de Adam, Turner et Serra qui remporte la catégorie grâce à une solide 18e place au classement général tandis que la catégorie GTE Am est remportée par la Ferrari numéro 84 de Smith, Stevens et Vanthoor qui terminent à la 27e place au général.

Emmanuel Touzot